"Prenez un cercle, carressez-le, il deviendra vicieux !"


"C'est très joli, la vie. Mais cela a un inconvénent, c'est qu'il faut la vivre."

"Il est bien assez temps de penser à l'avenir quand il n'y a plus d'avenir."

"Tout doit être transposé. Parce que, n'est-ce pas, l'art c'est avant tout la transposition."


"L'imagination ! Elle fait plus de victimes que toutes maladies réunies ! Elle engendre des maladies ! C'est une formes de folie !"

"Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles."

"La vie, c'est une pièce de théâtre : ce qui compte ce n'est pas qu'elle soit longue mais qu'elle soit bien jouée."


"Le théâtre, c'est la vie ; ses moments d'ennui en moins."





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U
n Malheureux appelait tout les jours

       La Mort à son secours.
"O Mort, lui disait-il, que tu me sembles belle !
Viens vite, viens finir ma fortune cruelle."
La Mort crut, en venant, l'obliger en effet.
Elle frappe à sa porte, elle entre, elle se montre.
"Que vois-je ? cria-t-il, ôtez-moi cet objet ;
       Qu'il est hideux ! que sa rencontre
       Me cause d'horreur et d'effroi !
N'approche pas, ô Mort ; ô Mort, retire-toi."

       Mécénas fut un galant homme ;
Il a dit quelque part : "Qu'on me rende impotent,
Cul-de-jatte, goutteux, manchot, pourvu qu'en somme
Je vive, c'est assez, je suis plus que content."
Ne viens jamis, ô Mort ; on t'en dit tout autant.


Jean de La Fontaine
Fable XV

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Oui, j'ai bien compris votre question ... oui
oui ... Et bien, à mon sens, ce qui caractèrise
ce temps, et quand je dis ce "temps", c'est le
contenu spacial du concept "temps" qui,
bien sùr, m'intéresse ; ce qui caractèrise
donc, à mon avis, ce temps, ce qui est ce que
j'appellerai son "image définition" - vous
remarquerez au passage que dans définition,
il y a "défi" et qu'image contient "age" -
c'est la conjonction des pulsions et des possibles
qui, telle l'eau trop chauffée dans la bassine,
fait exploser le couvercle dialectique
de l'écheveai des idéologies, balayant d'un
seul coup d'un seul le "je" et le "ça", pour
atteindre la seuele finalité de l'homme
nouveau : LA CLARTE.
                                                   J.M RIBES
                     Monologues, bilogues, trilogues 
 
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Madame quel est votre mot
Et sur le mot et sur la chose
On vous a dit souvent le mot
On vous a fait souvent la chose

Ainsi de la chose et du mot
Vous pouvez dire quelque chose
Et je gagerais que le mot
Vous plaît beaucoup moins que la chose

Pour moi voici quel est mon mot
Et sur le mot et sur la chose
J'avouerai que j'aime le mot
J'avouerai que j'aime la chose

Mais c'est la chose avec le mot
Mais c'est le mot avec la chose
Autrement la chose et le mot
A mes yeux seraient peu de chose

Je crois même en faveur du mot
Pouvoir ajouter quelque chose
Une chose qui donne au mot
Tout l'avantage sur la chose

C'est qu'on peut dire encore le mot
Alors qu'on ne fait plus la chose
Et pour peu que vaille le mot
Mon Dieu c'est toujours quelque chose

De là je conclus que le mot
Doit être mis avant la chose
Qu'il ne faut ajouter au mot
Qu'autant que l'on peut quelque chose

Et que pour le jour où le mot
Viendra seul hélas sans la chose
Il faut se réserver le mot
Pour se consoler de la chose

Pour vous je crois qu'avec le mot
Vous voyez toujours autre chose
Vous dites si gaiement le mot
Vous méritez si bien la chose

Que pour vous la chose et le mot
Doivent être la même chose
Et vous n'avez pas dit le mot
Qu'on est déjà prêt à la chose

Mais quand je vous dis que le mot
Doit être mis avant la chose
Vous devez me croire à ce mot
Bien peu connaisseur en la chose

Et bien voici mon dernier mot
Et sur le mot et sur la chose
Madame passez-moi le mot
Et je vous passerai la chose.



Abbé de L'Attaignant
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LA QUEUE,
merde.

L'homme est un complexe de salle d'attente.

La queue est devenue un outil social de première grandeur.
Sous l'occupation on faisait la queue pour subsister. Hors l'occupation on fait la queue pour le plaisir et on s'y installe pendant trois ans, s'il le faut, pour toucher une deux-cheveaux.

On fait la queue sur l'autoroute les jours de grande liesse populaire, on fait la queue au ciné pour être des premiers à pouvoir dire que Mr Hitchock en rajoute.

La queue est une science et comme pour toute science il y a la technique.

Ne fait pas la queue qui veur : il y faut un certain entraînement, de la pacience, certes, mais non dénuée de fantaisie.

Il y a les habitués, les fortiches de la queue et puis les nouveaux, les amateurs, et, pour qui a quelques dons d'observation, les qualités et les défauts des queutads se lisent assez facilement.

Allez devant une salle d'exclusivités cinématographiques, sous le régne de Clazot, par exemple.
Prenez un panier rempli de cacachouettes et déhambulez d'un quetard à l'autre.

Il y a le vieux de la vielle
celui qui connaît non seulement Clouzot mais son perch'man aussi et son balayeur du matin.
Celui-là est planqué contre le mur
à la corde,
pour grignoter deux ou trois clients au virage convoité. C'est ce qu'on pourrait appeler le mangeur de queue à la sauvette, celui qui voudrait bien faire mieux mais qui n'a pas l'étoffe ad hoc.
Il y a celui qui lit le journal,
trés important, le journal, dans une file d'attente, ça distrait,
et puis, ça permet de lentes mais sûres progressions dans la masse, carrément,
dans le gras, si l'on préfère.
C'est le peloteur malgrés lui,
le têteu,
qui était naguére trois rangs derrière vous et que vous appércevez tout çà coup au guichet, alors qu'il vous reste encore trente métres de chair humaine à décompter. Il y a celui qui arrive comme une rafale et qui retrouve un copain-comment-vas-tu ?
et qui s'infiltre,
qui s'inocule.
C'est le parasite,
le client pilote qui a la plupart du temps, une gueule de requin.

Et puis il y a

Les invertébrés,
les miteux,
les assis debout,
C'est curieux cette manie qu'on bien des hommes de transcender leur verticale et de se faire un lit de la moindre attente,

les déplacés,
les hurluberlus,
les démocrates,
la queue étant un endroit propice à la vocation
vox populaire,

les rentrés,
les inquiets,
les souriants,
les parfumés,
les acrobates de la pipe qui promènent leur tuyau de babord à tribord avec cette persipicasité redoutable que donne au fumeur le prolongement de sa bouche en un macaron de scaferlati,
les brefs,
les longs,
les bétonnés du cuir chevelu et dont le vernis s'empoussière aux tempes et tous les coetera
aux lévres humides,
aux rides chaplineques,
aux pantalons exténués,
aux visages de la mort quotidienne qui forme l'or permanent des cités.

Une ville sans queue est inconcevable et vouée à la déchéance.

Les hommes fuient la terre pour s'agglomérer à la queue.

La morale de l'attente est un des bastions de la société moderne.

ATTENDRE n'importe quoi

un livre,
une exposition,
une augmentation,
une échéance,
le dentiste,
le coiffeur,
le plein d'essence,
le Parlement,
les vacances,
le bachot,

MAIS ... ATTENDRE.

C'est la fonction même du temps des hommes.

Supprimer l'attente, cela revient à dire : arrêter le temps, vivre en marge de Greenwich _ instrument de mesure à tempérament _
comme le piano, qui ignore le 1/4, le 1/8, le énième de ton et qui ne s'accordera jamais avec le violon et qui ne jouera jamais les sérénades ultrasoniques aux chauves-souris mélomanes.

Arrêter le temps, c'est arrêter la vie,
la vie des cons, bien entendu.
Quand qux autres, il y a belle lurette qu'ils ont leur temps personnel.

L'autre vie igore l'attente, enfin ... qu'on dit !

On entre au ciel de plain-pied et en enfer, en montrant sa carte, son permis d'enfer,
on entre dans la mort sans le chronométre.
Il n'y a pas de vestiaire au Pére-Lachaise,
il y a simplement la Dame Pipi d'ange à qui on refile quelque grain de silence.

Les morts sont nus.

Comme disait Bakounine : "Si Dieu existait, il faudrait le faire disparaître",

car, tout ça, vraiment, l'être, le néant, l'en-soi, le pour-soi ... Ta gueule, Philo !


Léo FERRE



(évidement la référence va directement touver la chanson qui porte le même nom, d'HFT)
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EXERCICE DE SIMPLE PROVOCATION AVEC 33 FOIS LE MOT COUPABLE



coupable, coupable

j'me sens coupable d'avoir assassiné mon double dans le ventre de ma mère et de l'avoir mangé j'me sens coupable d'avoir attenté à mon entité vitale en ayant tenté de me pendre avec mon cordon ombilical j'me sens coupable d'avoir offensé et souillé la lumière du jour en essayant de me débarrassé du liquide amniotique qui recouvrait mes yeux la première fois où j'ai voulu voir où j'en étais j'me sens coupable d'avoir méprisé tous ces petits barbares débiles insensibles, insipides et minables qui courraient en culottes courtes derrière un ballon dans les cours de récréation, et je sens coupable d'avoir continué à les méprisé beaucoup plus tard encore alors qu'ils étaient devenus des banquiers, des juges, des dealers, des épiciers, des fonctionnaires, des proxénètes, des évêques ou des chimpanzés névropathes j'me sens coupable des lambeaux de leur âme déchirée par le honte et par les ricanements cyniques et confus de mes cellules nerveuses

j'me sens coupable / coupable !

j'me sens coupable d'avoir été dans une vie antérieure l'une de ces charmants créatures que l'on rencontre au fond des bouteilles de mescal et d'en ressentir à tout jamais un sentiment mélancolique de paradis perdu j'me sens coupable d'être tombé d'un tabouret de bar dans un palace pour vielles dames déguisées en rock-star, après avoir éclusé sept bouteilles de dom pé 67 dans le seul but d'obtenir des notes de frais à déduire de mes impôts j'me sens coupable d'avoir arrêter de picoler alors qu'il y a des milliers d'envapés qui continuent chaque année à souffrir d'une cirrhose ou d'un cancer du foie ou des conséquences d'accidents provoqués par l'alcool de même que j'me sen coupable d'avoir arrêté de fumer alors qu'il y a des milliers d'embrumés qui continent chaque année à souffrir pour les mêmes raisons à décalquer sur les poumons en suivant les pointillés et j'me sens aussi coupable d'être tombé de cénobite en anachorète et d'avoir arrêté de partouzer alors qu'il y a des milliers d'obsédés qui continuent chaque année à souffrir d'un claquage de la bite, d'un durillon au clitoris, d'un anthrax max aux roubignolles, d'une overdose de chagratte folle, d'un lent pourrissement scrofuleux du scrotum et du gland, de gono, de blenno, de tréponèmes, de chancres mous, d'i. v. h. ou salpingite.

j'me sens coupable / coupable !

J'me sens coupable d'être né français, de parents français, d'arrières arrières ... etc ... grands parents français, dans un pays où les indigènes pendant l'occupation allemande écrivirent un si grand nombre de lettres de dénonciation que les nazis les plus compétents et les plus expérimentés en matière de cruauté et de crimes contre l'humanité en furent stupéfaits et même un peu jaloux j'me sens coupable de pouvoir affirmer qu'aujourd'hui ce genre de pratique de délation typiquement française est toujours en usage et je prends à témoin certains policiers compatissants, certains douaniers écoeurés, certains fonctionnaires de certaines administrations particulièrement troublés et choqués par ce genre de pratique j'me sens coupable d'imaginer la tête laborieuse de certains de mes voisins, de certains de mes proches, de certaines de mes connaissances, de certains vieillards crapuleux, baveux, bavards et dérisoires, appliqués à écrire consciencieusement ce genre de chef-d'œuvre de l'anonymat j'me sens coupable d'avoir une gueule à être dénoncé

j'me sens coupable / coupable !

j'me sens coupable de garder mes lunettes noires de vagabonds solitaire alors que la majorité de mes très chers compatriotes ont choisi de remettre leurs vielles lunettes roses à travers lesquelles on peut voir les pitreries masturbatoires de la sociales en train de chanter : c'est la turlutte finale j'me sens coupable de remettre de jour en jour l'idée de me retirer chez mes nibelungen intimes et privés, dans la partie la plus sombre de mon inconscient afin de m'y repaître de ma haine contre la race humaine et même contre certaines espèces animales particulièrement sordides, serviles et domestiques que sont les chiens, les chats, les chevaux, les chè-è-èvres, les tamagochis et les poissons rouges j'me sens coupable de ne pas être mort le 30 septembre 1955, un peu après 17 heures 40, au volant du spyder porsche 550 qui percuta le coupé ford de monsieur donald turnupseed j'me sens coupable d'avoir commencé d'arrêter de respirer alors qu'il y a six milliards de joyeux fêtards crapoteux qui continuent de se battre entre eux et de s'accrocher à leur triste petite part de néant cafardeux

j'me sens coupable / coupable ! j'me sens coupable / coupable ! coupable / coupable !





H. F. T .
LE BONHEUR DE LA TENTATION

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* Alygator427 *

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